LA COMMISSION AFRICAINE DES DROITS HUMAINS ET DES PEUPLES

Communiqué de presse 18.1.2016 à Addis-Abeba, Ethiopie: Lancement de la campagne pour la dépénalisation de l’avortement en Afrique: les femmes et les filles en Afrique comptent sur nous pour sauver leurS vieS!

La Commission Africaine des Droits Humains et des Peuples (CADHP) à travers le mécanisme du Rapporteur Spécial sur les droits des femmes en Afrique, conformément à sa Résolution sur la santé et les droits reproductifs des femmes en Afrique, 2007, et à son engagement pris en mars 2015 à Nairobi par le biais d’un communiqué sur la responsabilisation pour la santé reproductive des femmes; a lancé aujourd’hui une campagne continentale pour la dépénalisation de l’avortement en Afrique. La CADHP a fait cela afin d’attirer l’attention sur l’avortement à risque qui constitue une menace grave aux droits des femmes et des filles à la santé sexuelle et reproductive.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’avortement à risque continue d’être une crise de santé publique et l’un des plus gros contributeurs de la mortalité maternelle et de la morbidité en Afrique, qui représente jusqu’à 30% des décès maternels dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne. L’OMS estime que plus de 6 millions d’avortements dangereux se produisent en Afrique, entrainant ainsi 29.000 morts et d’innombrables blessées graves et handicapées chaque année pour les pauvres femmes et filles africaines de moins de 25 ans qui sont principalement basées en milieu rural.

La CADHP craint que ces décès se produisent en partie à cause des lois qui criminalisent l’avortement sur la simple présomption que la menace d’arrestation ou d’emprisonnement va empêcher les femmes et les filles d’avoir des avortements. Nous sommes d’accord avec l’OMS que le fait de rendre l’avortement illégal ne diminue en rien le taux d’avortement ni ne dissuade les femmes d’avorter. Ce qui se passe plutôt c’est qu’un plus grand nombre de femmes sont poussées à l’avortement non médicalisé où elles ont accès à des avortements dangereux. Il est temps de mettre un terme à ces décès.

La CADHP s’est engagée à pousser les Etats à se conformer à leurs engagements en vertu de la Charte Africaine des Droits Humains et des Peuples et du Protocole à la Charte Africaine des Droits Humains et des Peuples relatif aux Droits de la Femme en Afrique (Protocole de Maputo); le Plan d’action de Maputo; et la Campagne pour la Réduction Accélérée de la Mortalité Maternelle en Afrique (CARMMA).

A ce propos, la CADHP lance un appel aux chefs d’Etat et de gouvernement de démontrer leur engagement à préserver les vies des femmes et des jeunes filles africaines en dépénalisant l’avortement dans leurs pays respectifs.

 

Hon. Commissaire Lucy Asuagbor

Rapporteur spécial sur les droits de la femme

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